Le Judo

Le judo ( jĹ«dĹŤ, litt. Â« voie de la souplesse Â») a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en tant que pĂ©dagogie physique, mentale et morale au Japon par JigorĹŤ KanĹŤ en 1882. Il est gĂ©nĂ©ralement catĂ©gorisĂ© comme un art martial moderne, qui a par la suite Ă©voluĂ© en sport de combat et en sport olympique. Sa caractĂ©ristique la plus proĂ©minente est son Ă©lĂ©ment compĂ©titif dont l’objectif est soit de projeter, soit d’amener l’adversaire au sol, et de l’immobiliser (Techniques de maĂ®trise), ou de l’obliger Ă  abandonner Ă  l’aide de clĂ©s articulaires et d’étranglements. Les frappes et coups Ă  main nue ainsi que les armes font aussi partie du judo mais seulement sous la forme prĂ©-arrangĂ©e (kata) et ne sont pas autorisĂ©s en judo de compĂ©tition ni en pratique libre (randori).

Le lieu oĂą l’on pratique le judo s’appelle le dojo (dĹŤjĹŤ, littĂ©ralement lieu d’étude de la voie). Les pratiquants nommĂ©s judokas, portent une tenue en coton renforcĂ©e appelĂ©e judogi, ou communĂ©ment « kimono Â» en France (mĂŞme si le terme kimono en japonais ne correspond pas). Le judogi est gĂ©nĂ©ralement blanc, mais pour faciliter la distinction entre les combattants dans les compĂ©titions, un judoka peut avoir un judogi bleu dans les compĂ©titions internationales. Le judo se pratique pieds nus, chez les hommes torse nu sous le judogi et chez les femmes un tee-shirt blanc sous le judogi. Les judokas exercent, Ă  l’entraĂ®nement et en compĂ©tition, sur un tatami, un tapis raide qui amortit les chocs et dĂ©limite une zone de combat en carrĂ© Ă  l’aide de tapis de couleurs diffĂ©rentes, dont la surface de combat est de 64 mètres carrĂ©s (8 x 8) au minimum et de 100 mètres carrĂ©s (10 x 10) au maximum. Le judo est un sport olympique et nĂ©cessite de l’implication tant au niveau du combat qu’au niveau des rencontres techniques et de l’aide aux Ă©vĂ©nements pour atteindre un grade Ă©levĂ©.

HISTOIRE

Le souhait de Jigoro Kano, son fondateur, Ă©tait de populariser une mĂ©thode visant Ă  mieux utiliser ses ressources physiques et mentales en prenant comme point de dĂ©part l’enseignement des koryĹ« (anciennes Ă©coles traditionnelles), Tenshin Shinyo RyĹ« et Kito RyĹ«, qu’il avait pratiquĂ© durant six annĂ©es. La lĂ©gende dit que pour Ă©tablir les principes du judo, il s’inspira du spectacle d’arbres couverts de neige, lors d’un hiver rigoureux, en remarquant que les branches du cerisier rĂ©agissaient diffĂ©remment des roseaux (cette lĂ©gende est en fait celle de la crĂ©ation du ju-jitsu bien avant la crĂ©ation du judo).

Sous le poids de la neige abondante, les branches de cerisiers, dures, cassaient alors que les roseaux, plus souples pliaient et se dĂ©barrassaient de « l’agresseur Â» avec souplesse. La voie de la souplesse Ă©tait nĂ©e.

La « lĂ©gende Â», dans sa simplicitĂ©, n’est pas Ă©loignĂ©e du souhait initial de populariser une mĂ©thode visant Ă  mieux utiliser ses ressources physiques et mentales. Jigoro Kano avait conscience que le ju-jitsu tel qu’il Ă©tait pratiquĂ© n’était plus adaptĂ© Ă  l’époque moderne. Les techniques Ă©taient parfois très dangereuses Ă  apprendre et la plupart des maĂ®tres n’étaient pas très pĂ©dagogues ou enseignaient un ju-jitsu dĂ©cadent et inefficace. En s’inspirant des mĂ©thodes de diffĂ©rentes gymnastiques occidentales, Jigoro Kano dĂ©cida d’expurger du jujitsu les mouvements dangereux et de codifier les techniques restantes afin de faciliter l’enseignement sous formes de kata. L’art de la souplesse, dĂ©barrassĂ© de sa vocation guerrière, n’était plus du ju-jitsu, mais une nouvelle voie martiale (budĹŤ) Ă  vocation Ă©ducative. Le judo Ă©tait nĂ©.

Le judo connut un succès qui s’étendit largement au-delĂ  des frontières japonaises et contribua largement Ă  populariser les arts martiaux japonais, tout en entraĂ®nant la confusion entre art martial et sport de combat. Ainsi, le judo des origines s’orienta de plus en plus vers l’aspect sportif lorsque les champions du Kodokan eurent dĂ©finitivement battu la plupart des Ă©coles de ju-jitsu au cours de combats organisĂ©s. Le pouvoir Ă©conomique du Kodokan Ă©tait ainsi dĂ©finitivement installĂ© dans le monde des arts martiaux japonais.

Le judo commence Ă  ĂŞtre enseignĂ© au Japon en 1882, au Kodokan, en France par maĂ®tre Mikinosuke Kawaishi, Shi-Han, titre de noblesse lui confĂ©rant le droit de s’asseoir Ă  la droite de l’empereur (1899-1969). Mikinosuke Kawaishi ouvre son premier dojo au 109 boulevard Auguste-Blanqui, Ă  Paris XIIIe dans un ancien atelier et publie le premier recueil Ma mĂ©thode de Judo, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Il est secondĂ© par maĂ®tre Shozo Awazu (1923-2016). Moshe Feldenkrais (1904-1984) crĂ©e en 1936 le 1er club de Judo en France le Jujitsu-Club de France, puis en 1946, Paul Bonet-Maury fonde la FĂ©dĂ©ration française de judo et de jiu-jitsu (FFJJJ) dont il devient le 1er prĂ©sident et qui se sĂ©pare ainsi de la FĂ©dĂ©ration française de lutte et deviendra par la suite la FĂ©dĂ©ration française de judo-jujitsu, kendo et disciplines associĂ©es.

En 1947, Jean de Herdt fonde le Collège des Ceintures Noires de judo dont le 1er prĂ©sident Ă©lu sera Jean Andrivet.

C’est aussi à cette époque que se développera le côté sportif et qu’apparaitront les premières compétitions. Le nombre de pratiquants de par le monde s’accroît alors considérablement.

Le judo est la discipline la plus pratiquĂ©e en France, devant le karatĂ© et l’aĂŻkido. Il est le quatrième sport le plus pratiquĂ© en France en 2012 avec plus de 600 000 licenciĂ©s et 5 547 clubs. Le judo masculin a Ă©tĂ© testĂ© dans le programme olympique pour les jeux de Tokyo en 1964, et dĂ©finitivement admis aux J.O. de Munich en 1972. Le Judo fĂ©minin fut prĂ©sent en tant que sport de dĂ©monstration aux J.O. Ă  SĂ©oul en 1988, mais qu’officiellement au programme Ă  partir des J.O. de Barcelone en 1992. Dans le monde le judo est le troisième art martial le plus pratiquĂ© derrière le karatĂ© et le taekwondo avec 8 millions de pratiquants.

CODE MORAL

Shozo Awazu fait partie de ceux qui sont Ă  l’origine du Code moral du Judo crĂ©Ă©, en 1985, par Bernard Midan, sur la base du code d’honneur et de morale du collège national des ceintures noires proposĂ© par Jean-Lucien Jazarin sur la base du texte de Nitobe.

  • La politesse, c’est le respect d’autrui.
  • Le courage, c’est faire ce qui est juste.
  • La sincĂ©ritĂ©, c’est s’exprimer sans dĂ©guiser sa pensĂ©e.
  • L’honneur, c’est ĂŞtre fidèle Ă  la parole donnĂ©e.
  • La modestie, c’est parler de soi-mĂŞme sans orgueil.
  • Le respect, sans respect aucune confiance ne peut naĂ®tre.
  • Le contrĂ´le de soi, c’est savoir se taire lorsque monte sa colère.
  • L’amitiĂ©, c’est le plus pur et le plus fort des sentiments humains.

Lorsqu’il a crĂ©Ă© le judo, JigorĹŤ KanĹŤ voulait extraire du jiu-jitsu un moyen d’éducation du corps et de l’esprit « adaptĂ© Ă  l’éducation de toute une nation Â». Depuis sa crĂ©ation, l’enseignement du judo est accompagnĂ© de l’inculcation au judoka de fortes valeurs morales. Certaines valeurs du judo sont donc directement extraites du bushidĂ´.

Le respect et la confiance que l’on accorde Ă  son adversaire lors d’un combat de judo sont primordiaux. En effet, lorsqu’un judoka fait chuter son adversaire, il doit garder le contrĂ´le de sa prise, et la plupart des prises nĂ©cessitent de retenir son adversaire pour qu’il chute « correctement Â». Ă€ dĂ©faut, l’adversaire pourrait ĂŞtre gravement blessĂ©. Les clĂ©s de bras pourraient facilement disloquer ou dĂ©boĂ®ter les articulations de son adversaire. Les Ă©tranglements, s’ils Ă©taient mal exĂ©cutĂ©s ou mal maitrisĂ©s, pourraient eux aussi ĂŞtre très dangereux. Mais le respect et la confiance du judoka envers un autre judoka lors d’un combat sont absolus. Au judo, les valeurs morales sont plus importantes que la technique elle-mĂŞme.

Les nombreux saluts sont la marque la plus visible du respect qui régit le judo.

TECHNIQUE

Le judo sportif diffĂ©rencie explicitement :

  • les techniques de projection visant Ă  dĂ©sĂ©quilibrer l’adversaire pour le faire tomber au sol, vers l’arrière, l’avant ou le cĂ´tĂ© : nage waza dans lequel on retrouve :
    • le groupe des techniques debout : tachi waza
      • les techniques de jambes : ashi waza
      • les techniques de bras (Ă©paule) : te waza
      • les techniques de hanches : koshi waza
      • les techniques de sacrifice dans l’axe : ma sutemi waza parmi lesquelles on retrouve la fameuse « planchette japonaise Â» (Tomoe nage)
      • les techniques de sacrifice sur le cĂ´tĂ© : yoko sutemi waza
      • les techniques d’enroulement : makikomi waza
  • les techniques de contrĂ´le visant Ă  dominer l’adversaire : katame waza dans lequel on retrouve :
  • les techniques pratiquĂ©es au sol : ne waza
    • les techniques d’immobilisation : osae komi waza, qui s’effectuent lorsque l’adversaire est couchĂ© sur le dos, les deux Ă©paules au sol (au contraire du système jujutsu-fighting oĂą une immobilisation sur le ventre est comptabilisĂ©e).
    • les techniques d’étranglement : shime-waza, qui peuvent porter sur le système respiratoire obligeant l’adversaire Ă  abandonner rapidement (hadaka-jime par exemple), ou sur le système sanguin du cou (comme sankaku-jime), plus rapide Ă  agir mais aussi plus dangereux.
    • les techniques de luxation : kansetsu waza, portĂ©es uniquement sur le coude (comme ude-gatame et waki-gatame).

Les techniques de luxation et d’étranglement sont Ă©galement autorisĂ©es debout (en tachi waza), bien que très rarement vues et utilisĂ©es en compĂ©tition. En effet, le règlement interdit l’amenĂ©e au sol par ces techniques, ce qui les rend plus difficiles Ă  placer.

Certains katas (formes) de judo nĂ©cessitent de pratiquer Ă©galement les techniques de frappe (atemi waza). On y retrouve

  • les coups de pied (geri),
  • les coups de poing (tsuki)
  • les coups du tranchant de la main (shuto).

Aucun coup n’est porté.

ENTRAINEMENT

Les plus jeunes judokas pratiquent leur sport de manière ludique grâce aux entraĂ®nements sous forme de jeux proposĂ©s par l’entraĂ®neur qui les aide Ă  prendre confiance en eux et Ă  dĂ©couvrir leur corps qui va Ă©voluer. Une des Ă©tapes indispensables est l’apprentissage de la chute, les ukemi. Ils vont devenir plus sĂ»rs d’eux, plus souples et plus forts afin de se prĂ©parer pour les prochaines compĂ©titions et pour le prochain passage de grade.

Le passage se dĂ©roule en gĂ©nĂ©ral Ă  la fin de la saison avec son professeur (pour tous les grades jusqu’à la ceinture marron incluse), qui demande Ă  l’élève d’effectuer certaines techniques qu’il a apprises au cours de la saison. Ces techniques sont Ă  effectuer avec un partenaire : Tori, celui qui saisit, et Uke celui qui « reçoit Â» l’action de son partenaire.

Lors des randoris, combats d’entraĂ®nement, il y aura les « souples Â» qui consistent Ă  se laisser tomber si son partenaire a bien fait sa technique, puis le randori « normal Â», c’est-Ă -dire, que le but est de ne pas tomber sur le dos (comme en compĂ©tition) mais sans se faire mal ou mal Ă  son partenaire et sans commettre de faute. L’entraĂ®nement est fait pour apprendre et il faut tomber pour apprendre !

  • Tandoku-renshu : Couramment traduit par « judo contre l’ombre Â» « dĂ©signe l’entraĂ®nement en solitaire sans l’aide d’un partenaire Â».
  • Uchi-komi : signifie « marteler Â». Se pratique Ă  deux pour travailler en rĂ©pĂ©tition l’entrĂ©e d’une projection (dĂ©sĂ©quilibre « Kuzushi Â», placement du corps « Tsukuri Â») sans faire chuter le partenaire.
  • Nage-komi : se pratique Ă  deux, c’est la suite logique de l’uchi-komi puisqu’il s’agit de rĂ©pĂ©ter plusieurs fois une technique entière, avec chute (« Tsukuri-Kuzushi-Kake Â») lorsque l’on travaille le nage-waza. Il est possible de travailler en nage-komi en ne-waza (au sol).
  • Yaku-soku-geiko : traduit par entraĂ®nement conventionnel, dans le mĂŞme esprit que le nage-komi, cet exercice s’effectue en dĂ©placement permanent, lors duquel Tori profite d’opportunitĂ©s pour lancer des attaques. Uke chute Ă  chaque fois, n’esquive ni ne bloque les attaques.(c’est une sorte de randori d’étude).
  • Kakari-geiko : est une sorte de randori dans lequel on impose un thème. On peut donner comme exemple : Tori (celui qui saisit) a un rĂ´le offensif, il attaque constamment Uke (celui qui reçoit) qui doit se dĂ©fendre sans toutefois bloquer complètement Tori afin de lui permettre de travailler. On peut appeler cela une opposition standardisĂ©e.
  • Randori : se traduit par « saisies libres Â». Le randori est une forme de combat souple, dans lequel les deux judokas sont partenaires plus qu’adversaires puisqu’ils doivent permettre Ă  l’autre de travailler. Il faut donc ne pas bloquer l’autre, tout en opposant une rĂ©sistance modĂ©rĂ©e pour simuler les conditions d’un combat. C’est un exercice difficile Ă  rĂ©aliser dans cette optique.
  • Shiai : « Combat martial de la compĂ©tition pure oĂą aucune erreur n’est permise sous peine de perdre le combat Â».

KATAS

Ces katas reprĂ©sentent des exercices de style, de concentration particulièrement difficiles et constituent la source mĂŞme des principes du judo. La bonne exĂ©cution de ces katas nĂ©cessite de ce fait de longues annĂ©es de pratique pour permettre au judoka d’en saisir le sens profond.

Les plus connus des katas sont :

  1. formes du Kodokan :
    1. Nage-no-kata (forme des projections) composĂ© de 5 groupes (te-waza, koshi-waza, ashi-waza, mae-sutemi-waza, yoko-sutemi-waza).
    1. Katame no kata (forme des contrĂ´les) composĂ© de 3 groupes (osae-komi-waza, shime-waza, kansetsu-waza).
    1. Kime-no-kata (forme de la dĂ©cision).
    1. Kodokan Goshin-Jutsu (Nouveau Jujitsu. Techniques de dĂ©fense personnelle du Kodokan).
    1. Ju-no-kata (forme de la souplesse).
    1. Itsutsu-no-kata (forme des cinq principes).
    1. Koshiki-no-kata (forme des techniques anciennes).
    1. Seiryoku-zen’yo-kokumin-taiiku (éducation physique nationale pour l’efficacité maximum) – ce kata contient le kime-shiki (forme de la décision, à destination des femmes).
    1. Joshi goshin-ho
  2. autres formes :
    1. Go-no-sen-no-kata (forme des contre-prises)
    1. Nanatsu-no-kata (forme des sept techniques)
    1. Nage-Ura-No-Kata (autre forme de contre prises créée par maître Mifune)
    1. Go-no-kata (forme de dureté)

Concours de kata : depuis quelques annĂ©es des compĂ©titions de kata sont organisĂ©es Ă  travers l’Europe et le monde, notamment en Belgique et en France oĂą il existe un circuit national.

GRADES

Les grades sont attribués à un pratiquant et permettent d’évaluer son niveau technique, son efficacité en combat, son degré d’ancienneté ainsi que ses qualités morales, ce qui correspond au respect scrupuleux du code moral ainsi qu’un investissement suffisant dans la pratique. Sans un minimum de respect des règles exigées, aucun judoka ne peut prétendre à l’obtention d’un grade.

Les ceintures de couleurs ont Ă©tĂ© inventĂ©es en Angleterre au milieu des annĂ©es 1920 puis introduites en France par le professeur Mikinosuke Kawaishi. On trouve dans l’ordre les ceintures blanche, jaune, orange, verte, bleue et marron. Suivent les ceintures dites supĂ©rieures, respectivement noire du 1er au 5e dan, rouge et blanche du 6e au 8e dan, et enfin rouge pour les 9e et 10e dan.

La ceinture violette a Ă©tĂ© retirĂ©e depuis la mise en place des ceintures bicolores (blanche-jaune, jaune-orange, orange-verte) reprĂ©sentant des grades alternatifs pour Ă©valuer et rĂ©compenser les plus jeunes ; la ceinture verte-bleue a quant Ă  elle Ă©tĂ© abandonnĂ©e lors du passage de l’âge requis de 16 ans Ă  15 ans pour l’obtention du 1er dan. On trouve aussi, dans la catĂ©gorie Ă©veil-judo, les ceintures blanches Ă  1 ou 2 « lisĂ©rĂ©s Â» horizontaux. Il se peut aussi d’avoir des barrettes Ă  la place d’une ceinture blanche-jaune. Ce qui donne une ceinture blanche avec une barrette jaune Ă  coudre, ainsi de suite jusque parfois trois barrettes (en Belgique).

Symboliquement, il fut donnĂ© Ă  Jigoro Kano, le fondateur du judo, une ceinture particulière Ă  titre posthume, la ceinture blanche large, de la couleur des dĂ©butants pour signifier que l’on n’a jamais tout appris et qui correspond au 12e dan, sachant qu’il n’y a pas de 11e dan.

Les ceintures de couleurs blanche Ă  marron correspondent Ă  des grades nommĂ©s kyu : du 9e kyu reprĂ©sentĂ© par la ceinture blanche jusqu’au 1er kyu par la ceinture marron.

En France, les grades infĂ©rieurs Ă  la ceinture noire sont dĂ©livrĂ©s par un professeur de judo diplĂ´mĂ© d’État, le plus souvent Ă  la suite d’un passage de grades organisĂ© par le club, selon des critères techniques, des rĂ©sultats ou participations aux diverses compĂ©titions, du comportement de l’élève (liĂ© au code moral du judo) qui porte sur la prĂ©sence durant la saison, vis-Ă -vis de ses camarades…

Au-dessus des kyu, les niveaux sont nommĂ©s dan : du 1er dan au 5e dan, la ceinture est noire ; les 6e, 7e et 8e dan sont reprĂ©sentĂ©s par une ceinture Ă  larges bandes rouges et blanches alternĂ©es, les 9e et 10e dan par une ceinture rouge. Après la ceinture rouge, il y a une ceinture qui n’a Ă©tĂ© obtenue que par JigorĹŤ KanĹŤ, la ceinture blanche large (11e et 12e dan, 12e dan que maĂ®tre Kano n’a obtenu qu’à titre posthume).

  • Les 2e et 3e dan correspondent au nom japonais de deshi qui signifie disciple.
  • Les 4e et 5e dan au renshi (maĂ®trise extĂ©rieure)
  • Les 6e et 7e dan au kyoshi (maĂ®trise intĂ©rieure)
  • Les 8e et 9e dan au hanshi (maĂ®trises intĂ©rieure et extĂ©rieure unifiĂ©es)
  • La 10e dan au keijin (trĂ©sor vivant).

L’obtention des niveaux Ă  partir de la ceinture noire peut se faire de deux manières :

En compétition, il faut passer trois UV (unités de valeur)

  • un examen de katas devant un jury rĂ©gional ou national officiel
    • gagner des points lors de combats officiels (44 en un tournoi ou en un shiai ou 100 sur plusieurs et 120 pour le troisième et quatrième dan) entre ceintures noires et marron (pour l’obtention du premier dan)
    • participer Ă  un stage concernant l’organisation et l’arbitrage des compĂ©titions. Pour le premier et second dan, un requis d’arbitrage est obligatoire. Ce requis consiste Ă  passer un après-midi sur une compĂ©tition officielle en tant qu’arbitre auxiliaire (commissaire sportif) pour le premier dan et arbitre pour le second dan.
  • Expression technique

Il faut passer diffĂ©rents UV dĂ©finis pour chaque grade. Citons pour exemple les UV du 1er dan expression technique

  • UV1 : katas
  • UV2 : techniques debout et sol
  • UV3 : exercices d’application judo
  • UV4 : techniques de dĂ©fenses ju-jitsu

Bien souvent, en parlant de « ceinture jaune Â» ou de « ceinture noire Â», on dĂ©signe par mĂ©tonymie non pas la ceinture en elle-mĂŞme, mais le dĂ©tenteur du grade associĂ©. Il est donc possible de dire : « ce judoka est une ceinture noire Â».

ARBITRAGE

  • Termes gĂ©nĂ©riques
    • Hajime (les mains le long du corps) : commencez
    • Mate (bras tendu vers les commissaires sportifs, paume face Ă  la table) : pause dans le combat
    • Soremade : fin du combat
    • Hiki-wake : Ă©galitĂ©
    • Sonomama (en touchant les deux combattants) : ne bougez plus (lorsque l’arbitre veut vĂ©rifier quelque chose sans modifier l’issue du combat ou replacer un combattant en immobilisation)
    • Yoshi (en touchant brièvement les deux combattants) : reprenez le combat (après sonomama)
    • Hantei : dĂ©cision des juges
  • Avantages (tous les points donnĂ©s ci-dessous sont attribuĂ©s lors des compĂ©titions officielles)
    • Kinza : n’est pas « ouvertement comptabilisĂ© Â» par l’arbitre, mais est gardĂ© en tĂŞte par ce dernier jusqu’à la fin du combat, et, en cas d’égalitĂ©, permet de dĂ©signer un vainqueur. Parfois en cas d’égalitĂ©, mĂŞme si aucun combattant n’a chutĂ©, si l’un des deux combattants a entrepris beaucoup plus d’attaques que l’autre, en prenant beaucoup plus de risque que l’autre, il peut ĂŞtre dĂ©signĂ© vainqueur par l’arbitre.
    • Koka : 3 pts a disparu du judo moderne depuis la saison 2008-2009 pour les minimes, cadets, juniors et seniors (règlement français et international). Il dĂ©signait une chute, sur la partie arrière du corps, sans qu’aucune Ă©paule ne touche Ă  terre, mais avec suffisamment de vitesse, de force et de contrĂ´le. Dans le cas gĂ©nĂ©ral, une chute sur les fesses entraĂ®nait un koka. Il est devenu un kinza.
    • Yuko : 5 pts a disparu du judo moderne depuis la saison 2017-2018 pour les minimes, cadets, juniors et seniors (règlement français et international). Il dĂ©signait une chute sur le cĂ´tĂ© mais plus cĂ´tĂ© ventre, considĂ©rĂ© comme valeur basse, attribuĂ© lors d’une projection, un temps d’immobilisation au sol ou sanction Ă  l’adversaire.
    • Waza-ari : 7 pts (bras tendu sur le cĂ´tĂ© au-dessus de l’horizontale, doigts tendus) — « Il y a technique Â», par projection temps d’immobilisation au sol ou sanction Ă  l’adversaire.
    • Ippon : 10 pts (bras tendu au-dessus de la tĂŞte, doigts tendus) — « Un point Â», par projection dite « parfaite Â», immobilisation de l’adversaire jusqu’au terme du temps, debout ou au sol, par abandon de l’adversaire par soumission (Ă  la suite d’un Ă©tranglement ou d’une clef de bras), c’est la fin du combat.

Nouvelle rĂ©partition des avantages et critères d’attribution :

  • Ippon : impact significatif sur le dos. Donne immĂ©diatement la victoire.
  • Waza-ari : impact sur le cĂ´tĂ© prononcĂ© vers le dos. Deux Waza-ari donnent la victoire.  Â» Waza-ari awasete ippon Â», Â»victoire par waza-ari combinĂ©s Â». (Durant une courte pĂ©riode des saisons 2016-2017 et 2017-2018, le cumule de waza-ari n’entrainait plus un ippon)
  • Yuko : impact sur le cĂ´tĂ© prononcĂ© vers le ventre (retirĂ© dans les nouveaux règlements de l’IJF 2017, valable Ă  un waza-ari=1 pt
  • ne-waza :
    • Osae-komi : dĂ©but d’immobilisation
    • Toketa : sortie d’immobilisation
  • Sanctions :
    • shido : le premier avertissement est « gratuit Â» et oral, anciennement il donnait un Koka
    • chui : 2e avertissement (donnait anciennement un Yuko)
    • keikoku : 3e avertissement dernier avant disqualification
    • hansoku-make : faute grave (disqualification de la compĂ©tition ou du combat) ou accumulation de trois fautes lĂ©gères (disqualification du combat).
  • Nouvelles rĂ©partitions des sanctions :
    • Shido â€” avertissement pour faute, au nombre de trois maximum.
    • Hansoku-make â€” le troisième Shido donne Hansoku-make, disqualification par accumulation de fautes

Le nouveau règlement d’arbitrage prévoit Hansoku-make direct s’il y a mauvais esprit du judo, saisie en dessous de la ceinture.

Source : Wikipedia